La Côte d'Ivoire maintient le prix du cacao à -57% pour la saison
Les producteurs du premier exportateur mondial de cacao toucheront 1 200 francs CFA le kilo pour la récolte 2026/27, le même tarif réduit fixé en mars et 57% sous le record de l'an dernier.

La Côte d'Ivoire versera à ses producteurs de cacao 1 200 francs CFA (2,12 dollars) le kilogramme pour la récolte principale 2026/27, a annoncé le ministre de l'Agriculture Bruno Koné le 1er septembre, maintenant le prix du cacao de Côte d'Ivoire au même niveau réduit fixé en mars, 57% sous le record de l'an dernier.
Le prix du cacao de Côte d'Ivoire pour une tonne de fèves représente désormais 1,2 million de francs CFA pour le producteur, contre 2,8 millions au tarif record de l'an dernier, selon le ministère de l'Agriculture. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, et plus de 1,1 million de planteurs enregistrés dépendent de la culture pour en moyenne 57% de leurs revenus du foyer, a rapporté Rio Times.
La récolte principale, jusqu'au 28 février 2027, est fixée selon un système de vente anticipée : le Conseil du café-cacao verrouille des ventes des mois avant la récolte, et il en a vendu à l'avance près de 1 million de tonnes cette année, selon Ecofin Agency. Une grande partie de ces ventes a eu lieu entre mars et juin 2026, quand les prix mondiaux avaient nettement reculé, ce qui a mécaniquement fixé le prix payé aux producteurs, indépendamment du niveau actuel des marchés à terme.
Un prix fixé des mois avant la récolte laisse les producteurs ivoiriens à l'écart du rebond record des marchés à terme.
Le prix du cacao de Côte d'Ivoire fixé des mois à l'avance
Les cours mondiaux du cacao à terme sont depuis remontés au-dessus de 6 500 dollars la tonne, mais ce rebond arrive trop tard pour les producteurs, les contrats à terme ayant déjà été vendus. Le prix garanti ivoirien a fortement varié en trois ans : 1 000 francs CFA le kilo en 2023/24, 1 800 en 2024/25, le record de 2 800 en 2025/26, puis la baisse à 1 200.
Ce prix plus bas fait suite à un rapport publié ce mois-ci selon lequel les expéditions de cacao ivoirien vers le port ont porté les stocks du marché à terme à leur plus haut niveau en deux ans, preuve du volume de fèves qui atteint le marché alors même que le prix de la prochaine récolte baisse.
Le Ghana face au même dilemme
Le Ghana voisin, deuxième producteur mondial, devrait lui aussi maintenir son prix inchangé pour la nouvelle saison, selon CNBC Africa, bien que son organisme cacaoyer ne l'ait pas confirmé au moment de l'annonce ivoirienne. Les producteurs ghanéens ont réclamé des hausses qui creuseraient l'écart avec le prix du cacao de Côte d'Ivoire plutôt que de le combler.
Koné a dit que la tâche du ministère était de fixer un prix "aussi élevé que possible sur la base des ventes déjà réalisées par le Conseil du café-cacao", selon Rio Times. La hausse du coût des engrais signifie que ce prix plus bas pourrait freiner les investissements dont les producteurs ivoiriens ont besoin pour maintenir leurs rendements.
Sources
- CNBC Africa · 2026-09-02
- Ecofin Agency · 2026-09-02
- Rio Times · 2026-09-02


