La hausse du prix du cacao au Ghana risque la contrebande
Une hausse proposée de 6 % de ce que le Ghana verse à ses producteurs de cacao laisserait un prix environ 75 % plus élevé qu'en Côte d'Ivoire, ravivant la crainte de fèves passées en fraude à la frontière.

La hausse du prix du cacao au Ghana, proposée à environ 6 % pour la saison qui débute ce mois-ci, élargirait l'écart avec la Côte d'Ivoire voisine et risquerait d'attirer davantage de fèves de contrebande à travers la frontière.
Le Ghana Cocoa Board veut porter le prix au producteur à 2 737 cedis, soit 240 dollars, par sac de 64 kilos, contre 2 587 cedis actuellement, sous réserve de l'approbation du ministre des Finances, selon Bloomberg. La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, a maintenu son propre prix inchangé pour la nouvelle saison.
Un écart de 75 % invite à la contrebande
Un écart de prix plus large entre voisins est une invitation ouverte à la contrebande de cacao.
Cela laisserait le prix ghanéen environ 75 % plus élevé que celui de la Côte d'Ivoire, un écart assez large pour attirer des fèves à travers la frontière, selon Bloomberg. Le Ghana visait 650 000 tonnes pour la saison 2025-26, mais en a reçu plus de 750 000, en partie à cause de cacao de contrebande venu de pays voisins.
Le Ghana Cocoa Board et le ministère des Finances ont refusé de commenter la proposition.
Maladies et chaleur pèsent sur les deux récoltes
Cette pression sur les prix survient alors que les cours mondiaux du cacao ont grimpé d'environ 50 % depuis fin mai, portés par des maladies des cultures et un fort épisode El Niño qui menace l'Afrique de l'Ouest à la fois d'inondations et de sécheresse. La production ivoirienne pourrait chuter de 20 %, à 1,75 million de tonnes, lors de la saison 2026-27, tandis que le Ghana anticipe une baisse de 13 %, à 650 000 tonnes.
Le Ghana et la Côte d'Ivoire cultivent ensemble environ 60 % du cacao mondial, et l'écart de prix entre les deux pays a déjà rouvert à plusieurs reprises des filières de contrebande dès que l'un des deux relève ses tarifs en premier. La récolte de la nouvelle saison doit débuter vers le 17 septembre.
Cette tension rappelle d'autres à-coups récents sur les matières premières tropicales : le café congolais a atteint des prix record aux enchères cette année, les torréfacteurs se disputant des lots rares et bien notés issus de la même ceinture climatique fragilisée.
Pour les fabricants de chocolat, qui absorbent depuis des années des coûts du cacao proches de records, une récolte plus tendue et plus disputée dans les deux plus grands pays producteurs laisse peu de place à une baisse des prix.
Sources
- Bloomberg · 2026-09-09
- BusinessMirror · 2026-09-09
- MyJoyOnline · 2026-09-09


