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La vendange française 2026 au plus bas depuis des décennies

Canicules, sécheresse et recul du vignoble font tomber la production viticole française sous 34 millions d'hectolitres, la plus petite récolte depuis 1957 si l'estimation se confirme.

Vigneron versant un seau de raisins noirs fraîchement cueillis dans une benne de vendange
Photographie · Photo: Filipp Romanovski · Pexels · Pexels License

La vendange française 2026 restera sous 34 millions d'hectolitres, selon les données d'Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture : 6% de moins que la récolte déjà faible de l'an dernier, et la plus basse depuis 1957 si l'estimation se confirme.

Agreste a dénombré environ 33,9 millions d'hectolitres au 1er septembre, contre 35,9 millions en 2025. Le ministère a repoussé d'un mois sa prévision habituelle de début août, invoquant une marge d'erreur trop large après des vagues de chaleur répétées et l'absence de pluie depuis fin juin.

Jérôme Despey, vigneron de l'Hérault et président du conseil spécialisé viticulture de FranceAgriMer, a demandé au ministère d'attendre. Les conditions avaient trop vite évolué, selon lui, pour que l'estimation habituelle d'août, fondée sur des relevés de début juillet, reste fiable au moment des vendanges.

Deux années faibles d'affilée transforment un petit millésime en problème structurel pour les vignerons.

Seuls environ 15% du vignoble français sont irrigués, a précisé Jérôme Despey, laissant la majorité des vignes exposées à la sécheresse. Les vignerons ont signalé une chute des feuilles sur les parcelles les plus sèches et des baies plus légères que la moyenne, signe que le seul comptage des grappes surestimait la taille réelle de la récolte.

La Bourgogne, qui a ouvert sa vendange la plus précoce depuis 500 ans, a vendangé avant la plupart des autres régions cette année, une réaction que les vignerons locaux relient à cette même chaleur précoce.

La vendange 2026 de Champagne divisée par deux

Le tableau régional est contrasté. La récolte de Champagne devrait atteindre environ la moitié à la fois du volume de 2025 et de la moyenne quinquennale, la baisse régionale la plus marquée relevée par Agreste. Le Languedoc-Roussillon a pris le chemin inverse, en hausse de 5% sur un 2025 déjà faible grâce à de meilleurs rendements, tout en restant 8% sous sa propre moyenne quinquennale.

Le Bordelais a perdu environ 5% de sa surface productive mais table tout de même sur une hausse de 10% par rapport à la production déprimée de 2025, sans combler l'écart avec la moyenne 2021-2025. Le Sud-Est, frappé par la grêle dans le Vaucluse, l'Ardèche et la Drôme en plus de la sécheresse, attend une récolte proche de celle de l'an dernier.

Une pression sanitaire restée faible

Les conditions sèches ont limité mildiou et pourriture, si bien que les vignerons se montrent plus confiants sur la qualité que sur le volume de ce millésime. De grands domaines bordelais ont écarté les craintes que la fumée des incendies de forêt en Gironde n'altère les raisins voisins.

Ce recul s'ajoute à celui de 2025, déjà classé par l'Organisation internationale de la vigne et du vin comme la plus petite vendange française depuis 1957. Une deuxième année consécutive de faible volume frappe une filière déjà mise sous pression par une demande intérieure atone, des exportations molles et des années d'arrachages financés par l'État pour ajuster l'offre à la baisse. Cette rareté maintient une pression haussière sur les flacons recherchés, ceux-là mêmes qui dominent déjà le classement annuel des vins les plus chers du monde.

Agreste actualisera le chiffre une fois davantage de chais sortis du pressurage, une révision qui devrait surtout déplacer la répartition régionale plutôt que le total national.

Sources

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