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Paiement par carte obligatoire : l'Allemagne vise les restaurants

Le ministre des Finances Lars Klingbeil veut qu'à partir de 2027 chaque commerce, café et restaurant propose au moins un moyen de paiement numérique. Dehoga s'inquiète des commissions.

Terminal de paiement par carte sur une table de café en bois à côté d'une tasse de café
Photographie · Photo: Towfiqu barbhuiya · Pexels · Pexels License

Le paiement par carte obligatoire arrive pour les restaurants allemands qui n'acceptent que les espèces : selon les grandes lignes présentées par le ministre des Finances Lars Klingbeil, tout établissement où le client paie sur place devra proposer au moins un moyen de paiement numérique à partir de 2027. Les espèces restent et devront toujours être acceptées.

Le projet concerne le commerce, l'hôtellerie-restauration et les services. « Nous voulons que les entreprises proposent une option de paiement numérique partout où des biens et des services sont payés directement sur place », indique le document, selon l'agence dpa. Ces grandes lignes sont en cours de concertation avec les autres ministères, et les Finances veulent présenter le projet de loi en Conseil des ministres avant la fin de l'année.

Ce qu'impose le paiement par carte obligatoire

Le panneau « espèces uniquement » disparaît ; la querelle sur le coût du paiement reste.

Chaque exploitant choisit la méthode, carte ou téléphone, à condition qu'elle soit courante sur le marché et qu'au moins un système européen soit accepté. Ni seuil de chiffre d'affaires ni supplément pour le client : un minimum de 10 ou 20 € pour payer par carte ne serait plus autorisé. Les organisations non commerciales, comme les clubs sportifs amateurs et les associations caritatives, sont exemptées. Le ministère invoque la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment et la criminalité financière, les paiements numériques laissant une trace.

Aujourd'hui, aucune entreprise allemande n'est tenue d'accepter la carte : seuls les billets et pièces en euros ont cours légal. Selon la Bundesbank, 55 % des transactions du quotidien ont été réglées sans espèces en 2025, la carte de débit représentant 26 % et le paiement par téléphone ou montre connectée 10 %. Les espèces pesaient encore 45 %.

Pour Dehoga, tout se joue sur les commissions

La fédération de l'hôtellerie et de la restauration Dehoga ne conteste pas le principe. Plus de 90 % des établissements acceptent déjà les paiements sans espèces, affirme sa directrice générale Jana Schimke, et les clients le considèrent comme acquis. Son objection porte sur la facture : les commissions sont calculées en pourcentage du montant payé, un modèle qui, selon Dehoga, n'a aucune logique technique. « Si le législateur oblige les entreprises à accepter une option de paiement numérique, celle-ci ne doit pas devenir un piège à coûts », a déclaré Jana Schimke dans une prise de position relayée le 16 septembre. La fédération juge l'échéance de 2027 « très ambitieuse » et demande des périodes de transition pour les petites entreprises.

Le commerce se montre plus tranchant. Ulrich Binnebößel, de la fédération HDE, a qualifié ces règles de bureaucratie inutile et veut que les magasins puissent répercuter les frais de carte sur les clients, ce que les grandes lignes excluent. La fédération des consommateurs vzbv soutient le projet. Une analyse de la Bundesbank citée par la ZDF montre que les espèces et la girocard sont les moyens d'encaissement les moins coûteux pour les commerçants, les cartes de débit et de crédit internationales coûtant davantage.

Savoir qui paie le coût de l'encaissement est un combat connu dans la restauration européenne ; au Royaume-Uni, 800 entreprises réclament une TVA plus basse sur les repas au restaurant. En Allemagne, le projet de loi attendu en Conseil des ministres d'ici la fin de l'année dira si la question des commissions obtient une réponse ou seulement une période de transition.

Sources

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