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Bananes philippines : la demande dépasse les terres

Les Philippines ont exporté un record de 2,9 millions de tonnes de bananes en 2025 : la demande asiatique dépasse désormais les terres cultivables.

Des ouvriers chargent des régimes de bananes vertes sur un camion pour l'export
Photographie · Photo: Quang Nguyen Vinh · Pexels · Pexels License

Les bananes philippines exportées ont atteint environ 2,92 millions de tonnes en 2025, un bond de 26 % qui replace le pays au deuxième rang mondial, derrière l'Équateur. Pour les producteurs, la limite n'est plus la demande. C'est la terre.

« C'est un problème d'offre, et c'est un bon problème », dit Stephen Antig, directeur exécutif de la Pilipino Banana Growers and Exporters Association (PBGEA). « Nous n'avons tout simplement pas assez de terres pour produire toutes ces bananes. »

Les bananes philippines butent sur un mur de terres

C'est un problème d'offre, et c'est un bon problème : nous n'avons tout simplement pas assez de terres.

La loi sur la réforme agraire limite la plupart des exploitations à cinq hectares, un plafond antérieur au boom actuel des exportations, qui bloque désormais l'expansion des grandes plantations. Le champignon Fusarium, ou maladie de Panama (TR4), a aussi rendu inutilisables des terres à Mindanao qui auraient sinon été replantées en Cavendish.

Les bananes philippines expédiées ne suivent pas le rythme des commandes : la filière a exporté environ 700 000 tonnes au seul premier trimestre 2026, contre 2,32 millions sur toute l'année 2024. Une tension proche de celle des importations de riz, basculées vers le riz brisé cette année.

La Chine illustre bien cet écart. « Vu sa taille, la Chine pourrait littéralement acheter tout ce que nous produisons », dit Antig, une phrase qui sonne à la fois comme un compliment et un avertissement pour une filière qui ne veut pas dépendre d'un seul client.

L'Asie centrale entre en jeu

Pour répartir ce risque, la PBGEA regarde au-delà de ses acheteurs habituels au Japon, en Corée du Sud, en Chine et au Moyen-Orient, vers le Kazakhstan, la Mongolie et la Russie. « Nous diversifions notre marché comme option stratégique », dit Antig. « Nous ne voulons pas mettre tous nos œufs dans le même panier. »

D'autres exportateurs font le même calcul. L'Ouganda a signé cette année un accord café avec la Corée du Sud pour la même raison : dépendre d'un seul gros acheteur est pratique, jusqu'à ce que ça ne le soit plus.

Les bananes philippines affrontent aussi une concurrence plus vive. Le Vietnam et le Cambodge élargissent leurs surfaces cultivées en visant les mêmes acheteurs chinois, et des entreprises chinoises développent déjà leurs propres plantations en Asie du Sud-Est : le plus gros client, devenu futur rival.

Le climat ajoute une troisième pression : un possible Super El Niño entre octobre et novembre 2026, un phénomène qui, par le passé, a réduit les bananes philippines exportées de 10 à 15 %.

Rien de tout cela ne change l'équation des terres. Tant que le plafond agraire ou les pertes liées au TR4 ne reculeront pas, la diversification de la PBGEA reste une couverture, pas une solution.

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