Que manger à Lima : 10 plats et où les trouver
The World's 50 Best Restaurants est remis à Lima le 4 novembre. Avant que les menus dégustation ne soient complets, voici la ville où mangent les cuisiniers eux-mêmes.

Que manger à Lima va d'un anticucho à S/8 sur une charrette de nuit à un comptoir nikkei à S/1 295, et la ville prend les deux au sérieux. The World's 50 Best Restaurants y remet ses prix le 4 novembre 2026, pour la première fois en Amérique du Sud.
Lima mange ce que lui posent devant le courant froid de Humboldt, les Andes et quatre vagues migratoires. Les cuisines japonaise, cantonaise, italienne et africaine ont débarqué sur cette côte et y sont restées : un déjeuner peut donc passer du poisson cru cuit au citron vert à un sauté de bœuf au wok puis à un raviolo vapeur sans que personne ne prononce le mot fusion.
La géographie est simple. Miraflores a les cevicherías et la mer. Barranco les menus dégustation et les bars. Surquillo le marché et les cuisiniers qui s'y approvisionnent. Le vieux centre les sandwichs et la Calle Capón. Presque tout ce qui suit coûte moins cher que le taxi entre les deux.
Lima traite une brochette à dix sols et un comptoir à mille comme le même métier.
Que manger à Lima en premier : le cebiche de La Mar, Miraflores
Ici le cebiche n'est pas une marinade mais un assaisonnement de deux minutes. Le poisson est taillé à la commande, mêlé de citron vert, de sel, d'oignon rouge et d'ají limo, puis envoyé en salle alors que la chair est encore ferme. Le liquide trouble au fond s'appelle leche de tigre : il se boit, il ne se laisse pas.
La Mar, av. La Mar 770, est la cevichería que Gastón Acurio a bâtie pour prouver que le plat méritait sa propre salle. Ouverte le midi seulement, sans réservation, fermée dès que la pêche est écoulée. Comptez S/80-150 par personne avec un pisco sour.
Allez-y avant une heure. La file de quatorze heures existe et, à quinze heures, le meilleur poisson est parti.
Les anticuchos de Grimanesa Vargas, Miraflores
L'anticucho, c'est du cœur de bœuf en dés, mariné à l'ají panca, au vinaigre, au cumin et à l'ail, puis saisi fort sur la braise. La note d'abats reste discrète : ce qui arrive ressemble davantage à une pièce de bœuf très concentrée avec une croûte fumée.
Grimanesa Vargas les cuisine depuis plus de quarante ans et travaille aujourd'hui dans un local de la calle Ignacio Merino 466, le soir uniquement, du lundi au samedi. Les charrettes de Breña, de Surquillo et du malecón de Miraflores vendent les mêmes brochettes à S/8-12.
Prenez-les avec une pomme de terre à l'eau et une rondelle de choclo. La sauce au rocoto n'est pas un décor.
Le pan con chicharrón d'El Chinito, centre de Lima
Le sandwich du petit-déjeuner liménien, c'est de la poitrine de porc frite, de la patate douce frite dans la même graisse et une salsa criolla — oignon rouge cru, citron vert, piment — dans un pain francés croustillant. La patate douce est l'essentiel : elle empêche le gras d'écraser le reste.
El Chinito le prépare jirón Chancay 894 depuis 1960 et compte aujourd'hui une douzaine d'adresses, Barranco et Miraflores comprises. Le sandwich tourne autour de S/24 ; le chicharrón au poids démarre vers S/30 le quart.
C'est un plat du matin. À quatorze heures, les Liméniens sont déjà au déjeuner.
Lomo saltado et cocina criolla chez Isolina, Barranco
Le lomo saltado est la preuve la plus nette du siècle chinois de Lima : bœuf, oignon et tomate jetés dans un wok fumant avec sauce soja et vinaigre, servis avec des frites et du riz, parce que le Pérou n'a vu aucune raison de choisir.
Isolina, av. San Martín 101, cuisine l'ancien répertoire criollo dans des portions faites pour être partagées. Le lomo saltado avoisine S/74, le cau cau au boudin S/54, le costillar a la chorrillana S/96, les entrées de S/23 à S/83. À deux, avec trois plats, vous ne finirez pas.
José del Castillo l'a ouverte en 2015 et ne l'a pas modernisée depuis. C'est le compliment.
Le chifa de Chifa Unión, Barranco
Le chifa, c'est la cuisine cantonaise reconstruite avec le produit péruvien pendant 150 ans, et ce n'est pas ici une curiosité : c'est ce que les familles mangent le dimanche. Soupe wantán, arroz chaufa, tallarín saltado, travers au tamarin.
Chifa Unión se trouve jr. Unión 126 et le cuisine sans la mise en scène des salles de banquet. Pour la version plus ancienne et plus dense, la Calle Capón, dans les Barrios Altos, est le quartier chinois d'origine et reste l'adresse.
Commandez le chaufa en dernier. Il arrive le premier et remplit la table le premier.
L'omakase nikkei de Maido, Miraflores
Le nikkei, c'est la technique japonaise appliquée au produit péruvien par des familles nippo-péruviennes, et Mitsuharu Tsumura a passé quinze ans à en faire une grammaire plutôt qu'un tour de main.
Maido, calle San Martín 399, a été élu meilleur restaurant du monde en juin 2025 et son menu dégustation démarre aujourd'hui à S/1 295 par personne sans accords, midi et soir, du lundi au samedi. Les réservations s'ouvrent des semaines à l'avance.
Si le chiffre vous arrête, la même cuisine existe dans toute la ville au dixième du prix. L'idée a voyagé plus vite que les additions.
Le poisson entier de La Picantería, Surquillo
La picantería est une institution du nord péruvien : longues tables partagées, pas d'attente pour une table de deux, et poisson vendu au kilo. On choisit le poisson sur l'ardoise et on décide comment la cuisine le partage.
La Picantería, Francisco Moreno 388, réécrit cette ardoise chaque matin avec la pêche : l'addition suit donc le poids et non une carte imprimée, la façon honnête de vendre du poisson. Le chicharrón de chancho et le sudado sont les autres raisons d'y aller.
C'est une maison de déjeuner. Arrivez à midi, pas à quinze heures.
Les menus dégustation de Central et Kjolle, Barranco
Central a construit son menu comme une coupe verticale du Pérou, du fond de la mer à 4 000 mètres, avec des produits que presque aucune cuisine liménienne n'avait jamais achetés. Il a été numéro un mondial en 2023.
Il partage sa porte, av. Pedro de Osma 301, avec Kjolle, où Pía León cuisine un menu plus court et plus lumineux. Central va d'environ S/750 à plus de S/1 000 par personne ; Kjolle coûte moins cher et se remplit aussi vite.
Les deux réservent des mois à l'avance. La semaine de la remise des 50 Best, le 4 novembre, ils ne réserveront rien du tout.
Le menú à S/25 du Mercado N.º 1 de Surquillo
Chaque marché de Lima garde au fond des comptoirs où mangent les commerçants, et Surquillo est celui où les cuisiniers font leurs courses. Un menú del día de trois services — soupe, plat et boisson — coûte S/25-40.
On y sert le poisson que les cevicherías ont acheté le matin même, plus le lomo saltado, l'ají de gallina et la papa a la huancaína, coude à coude avec quelqu'un qui achète des citrons verts depuis six heures.
Espèces uniquement, et avant quatorze heures.
Picarones, chancaca et le pisco sour à la nuit tombée
Les picarones sont des anneaux de courge et de patate douce, frits à la commande et noyés dans un sirop de chancaca. Ils coûtent S/5-10 la portion sur une charrette et se mangent dans les quatre-vingt-dix secondes qui suivent la friteuse.
Le pisco sour est une invention liménienne et non cuzquénienne : pisco, citron vert, sirop de sucre, blanc d'œuf et une goutte d'angustura, secoués fort. Les bars de l'av. Grau et des rues voisines, à Barranco, le font correctement. Les salles touristiques face à la mer, non.
Marchés, quartiers et quand y aller
- Mercado N.º 1 de Surquillo — légumes, poisson et comptoirs de déjeuner. Avant quatorze heures, espèces uniquement.
- Calle Capón, Barrios Altos — le quartier chinois de Lima et ses plus vieux chifas. En journée.
- Miraflores — cevicherías, charrettes à anticuchos sur le malecón, la mer. Midi et fin de soirée.
- Barranco — menus dégustation, chifa et bars. Le soir.
- Saison : de décembre à avril, c'est l'été côtier et le meilleur poisson. De mai à novembre arrive la garúa, une brume marine grise qui ne va jamais jusqu'à la pluie.
- Horaires : les cevicherías n'ouvrent que le midi, les anticucheras que le soir. Entre seize et dix-neuf heures, il ne se passe presque rien de bon.
Questions fréquentes sur que manger à Lima
Manger à Lima coûte-t-il cher ? Non, sauf si vous le décidez. Un menú de marché coûte S/25-40 et un anticucho de rue S/8-12. Les menus dégustation sont l'exception, pas la règle.
Le poisson cru est-il sûr ? Les cevicherías qui n'ouvrent que le midi le font parce qu'elles achètent le matin et vendent tout. Choisissez celles-là et le risque vaut celui de n'importe quelle côte à courant froid.
Combien de temps à l'avance faut-il réserver ? Central, Kjolle et Maido : des semaines, et des mois autour du 4 novembre. Tout le reste de cette liste ne prend aucune réservation.
Et s'il n'y a qu'un seul repas ? Un cebiche, à midi, à Miraflores. Tout le reste de Lima en est la note de bas de page.
Où réserver en premier
Maido, calle San Martín 399, Miraflores — le comptoir nikkei, et la raison pour laquelle la cérémonie est en ville.
Central et Kjolle, av. Pedro de Osma 301, Barranco — deux menus, une porte, tous deux des mois à l'avance.
Isolina, av. San Martín 101, Barranco — la cuisine criolla avec laquelle les deux autres discutent.
La cérémonie du 4 novembre est la première édition sud-américaine de l'histoire de la liste, organisée par une maison qui vient de changer de nom pour The 50. Les chambres d'hôtel de Barranco sont parties les premières. Les tables ensuite.
Sources
- The World's 50 Best Restaurants · 2026-07-10
- The Only Peru Guide — Lima food guide · 2026-08-20
- El Comercio — Isolina, cuánto cuesta comer · 2026-04-18
- El Comercio — Los anticuchos de Grimanesa Vargas · 2023-11-14


