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Les vendanges précoces à Rioja relancent la bataille des prix

Les vendanges 2026 à Rioja sont les plus précoces de son histoire et promettent une grande qualité, mais viticulteurs et caves restent divisés sur le prix payé pour le raisin.

Grappes de raisin rouge mûrissant sur la vigne dans une lumière chaude
Photographie · Photo: David Köhler · Unsplash · Unsplash License

Les vendanges 2026 à Rioja sont les plus précoces de son histoire, et les viticulteurs affirment que le prix du raisin à Rioja reste sous le coût de production.

La récolte s'étend désormais à toute la Denominación de Origen Calificada. Au 11 septembre, les caves avaient réceptionné 185,1 millions de kilos de raisin, 146,8 millions de rouge et 38,3 millions de blanc, a indiqué à l'EFE Alejandra Rubio, directrice technique du Consejo Regulador.

La campagne a démarré début août, le début le plus précoce jamais enregistré, une tendance observée cette année aussi en Bourgogne, avec la vendange la plus précoce depuis 500 ans. La DOCa compte 66 405 hectares en Rioja, au Pays basque et en Navarre, avec près de 13 000 viticulteurs et 600 caves.

Même avec des rendements maximaux, les viticulteurs ne couvriront pas leurs coûts pour la septième campagne consécutive.

La campagne précédente, jugée excellente mais très courte, s'est achevée à 225,4 millions de kilos de raisin et 155 millions de litres de vin protégé, soit 18% de moins que l'année d'avant, dans la lignée des vendanges françaises au plus bas depuis 1957. La chaleur a de nouveau réduit la taille des grains cette année, si bien que les prévisions 2026 restent sous celles du début de cycle, quoique légèrement supérieures à 2025.

Le prix du raisin reste sous les coûts

Les viticulteurs ont touché en moyenne 0,83 €/kg pour le rouge et 0,79 €/kg pour le blanc en 2025, selon l'observatoire des prix du ministère de l'Agriculture de La Rioja. L'organisation ARAG-ASAJA évalue le coût de production d'un kilo de raisin rouge à 0,864 € en moyenne entre 2020 et 2025, contre 0,722 € réellement versés, soit un écart de 14,3 centimes, environ 16,5% sous le coût, soit environ 38 227 € de pertes cumulées sur une exploitation de dix hectares.

«Le travail dans la vigne a rendu ces vendanges possibles, malgré la hausse des coûts des traitements», a déclaré à l'EFE le secrétaire général d'ARAG-ASAJA, Igor Fonseca, ajoutant que la qualité doit être payée à la vigne. Le coordinateur d'UAGR-COAG, Roberto Ruiz-Clavijo, a affirmé que même avec des rendements maximaux, les viticulteurs ne couvriront pas leurs coûts pour la septième campagne consécutive, et a réclamé l'application de la loi sur la chaîne alimentaire, qui impose des contrats signés avec un prix.

Les caves défendent des prix stables

Le secrétaire d'organisation d'UPA La Rioja, Néstor Alcolea, a indiqué que certains viticulteurs n'ont toujours pas de cave assurée pour leur raisin. Dans plusieurs zones de Rioja Alta, a-t-il dénoncé, des caves refusent le raisin au-delà de 14 degrés d'alcool potentiel, ce qui laisse le producteur sans marge après une année de travail.

L'association des caves Esencia Rioja affirme avoir signé les contrats avant l'arrivée du raisin, avec des prix fixés objectivement qui resteront proches de ceux de l'an dernier. Son directeur général, Íñigo Torres, juge cette stabilité positive, les rendements de Rioja devant dépasser ceux de 2025 alors que d'autres régions espagnoles ont moins d'offre, tout en avertissant que la baisse de la consommation mondiale de vin oblige la région à investir davantage dans la promotion pour maintenir ses parts de marché.

À Oyón, le viticulteur Enrique López de Alda a vendangé une parcelle de 60 ans et a résumé l'ambiance: «Cette année, il faut faire des réserves de vin». Reste à savoir si cet optimisme se traduira dans le prix au kilo, ce qui ne sera clair qu'à la fin des vendanges, probablement en octobre.

Sources

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