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L'excès d'agave fait chuter les prix de la tequila au Mexique

Une vague de plantations censée résoudre la pénurie de 2022 arrive à maturité d'un coup : les prix de l'agave se sont effondrés et la production certifiée de tequila a chuté de 24% depuis.

Rangées de plants d'agave bleu sur une colline du Jalisco, au Mexique
Photographie · Photo: stephan de MARANTHI · Unsplash · Unsplash License

L'industrie mexicaine de la tequila est passée d'une pénurie d'agave redoutée à un excès d'offre, et les prix de l'agave se sont effondrés en conséquence. L'agave bleu, qui s'échangeait autour de 32 pesos le kilo au pic de 2022, s'est vendu à seulement 0,8 peso en 2025 et au début de 2026, selon une analyse du média spécialisé Vinetur, la plupart des transactions se situant entre 0,8 et 8 pesos le kilo.

La production certifiée de tequila a chuté avec le marché. Elle a atteint un pic de 651,5 millions de litres en 2022, est tombée à 495,8 millions en 2024, et est restée à peu près stable autour de 496 millions en 2025, selon la lecture de Vinetur des chiffres du secteur. Les cinq premiers mois de 2026 ont totalisé 248,7 millions de litres, un rythme encore trop précoce pour en tirer une tendance.

Les stocks achèvent le tableau. Les réserves avoisinaient 525 millions de litres fin 2023, soit près d'une année entière de production, en partie vieillissant en fût et en partie simplement invendue.

Un plant d'agave de six ans se moque que la demande ait ralenti le trimestre dernier.

Pourquoi une pénurie devient un excès

L'agave met six à huit ans à mûrir avant de pouvoir être récolté pour la tequila. Quand les prix ont flambé au début des années 2020, les producteurs ont réagi de la seule façon possible : ils ont planté davantage. La surface mexicaine d'agave à tequila a crû de 167% entre 2014 et 2023, pour atteindre 214 621 hectares répartis sur 231 municipalités dans 12 États, rapporte Vinetur.

Cette vague de plantations arrive aujourd'hui dans les champs au moment même où la demande américaine s'est refroidie, ce qui a transformé une pénurie en excédent presque du jour au lendemain. Le décalage est inscrit dans la plante elle-même : rien dans le cycle de l'agave ne peut s'accélérer ou ralentir au rythme d'un marché qui évolue d'un trimestre à l'autre.

Qui profite d'un agave bon marché

Un agave moins cher profite surtout aux marges des grandes distilleries, qui achètent à grande échelle, plus qu'aux producteurs qui vendent aujourd'hui à des prix spot déprimés. Les États-Unis continuent d'absorber l'essentiel de la tequila mexicaine — plus de 331 millions de litres en 2025, environ 81% des exportations — mais le cabinet d'analyse IWSR décrit 2024 et 2025 comme une période de stagnation pour les volumes de tequila aux États-Unis.

Le ralentissement ne touche pas tout le monde également. Les ventes en caisses aux États-Unis en 2024 montrent José Cuervo en baisse de 6,4% et Casamigos de 20,7%, tandis que Don Julio progressait de 28,2% et Espolòn de 14,6%, une répartition qui reflète le basculement vers les bouteilles ultra-premium, désormais 17% du volume américain contre 6% en 2019.

Le cousin fumé de la tequila connaît un parcours plus tranquille : le salon Mundo Mezcal a réuni plus de 250 marques à Mexico cette année, tandis que la catégorie tequila se corrige.

Les propres prévisions de Vinetur situent le marché autour de 621 millions de litres d'ici 2028 dans un scénario modéré — une reprise qui dépend de la capacité de la demande à rattraper l'agave déjà planté.

Sources

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