La récolte de cacao en Côte d'Ivoire recule, la sécheresse persiste
Les arrivées dans les ports du premier producteur mondial de cacao accusent jusqu'à 17% de retard sur l'an dernier, tandis que l'échéance européenne sur la déforestation presse les expéditions avant la fin de l'année.

La récolte principale de cacao de Côte d'Ivoire s'annonce plus légère que l'an dernier : les arrivées dans les ports du premier producteur mondial accusent jusqu'à 17% de retard sur le rythme de la saison passée.
Les livraisons hebdomadaires à Abidjan et San Pedro ont atteint 18 000 tonnes dans la semaine au 4 octobre, portant le total de la saison à 54 500 tonnes, selon les données de marché recensées par Trading Economics. Au 12 octobre, les arrivées cumulées avaient grimpé à 77 500 tonnes, encore loin du rythme nécessaire pour égaler le volume d'octobre à décembre de l'an dernier.
Le service météorologique national ivoirien prévoit des pluies inférieures à la moyenne jusqu'au début de 2027, après une saison des pluies sèche et irrégulière qui a ralenti le développement des cabosses dans les exploitations du sud et du centre du pays. Le négociant StoneX chiffre le manque à 11% et prévoit une production 2026/27 de 1,8 million de tonnes ; d'autres estimations du secteur évoquent jusqu'à 17% de recul par rapport à l'an dernier.
« Une récolte tardive croise une échéance qui n'attend pas, et les ports d'Afrique de l'Ouest en subiront les deux effets. »
Des pluies fortes et irrégulières mi-octobre ont ensuite perturbé la récolte sur certaines exploitations et retardé davantage les livraisons de fèves, selon la presse locale spécialisée, laissant les producteurs dans l'incertitude sur la taille et la qualité de ce qu'il reste à récolter.
La récolte ivoirienne prend du retard
Le conseil du café-cacao du pays, qui supervise la récolte principale de septembre à février, maintient sa prévision d'arrivées pouvant atteindre 1,4 million de tonnes cette saison ; les exportateurs sont un peu plus optimistes, entre 1,4 et 1,45 million. Mais la fenêtre d'octobre à décembre, quand arrive habituellement le gros de la récolte, est désormais estimée à environ 900 000 tonnes, contre 1,1 million de tonnes sur la même période l'an dernier.
Le Ghana, deuxième producteur mondial, a ouvert sa saison 2026/27 le 25 septembre avec un prix au producteur de 42 400 cedis la tonne, une hausse de 2,4% censée inciter les agriculteurs à continuer de planter malgré la hausse du coût des engrais et de la main-d'œuvre. La Côte d'Ivoire a maintenu son prix bord champ à 1 200 francs CFA le kilo, ce qui creuse l'écart entre les deux voisins.
Une échéance ajoute à la pression
Ce démarrage lent compte au-delà de l'exploitation. Les exportateurs se pressent pour expédier le cacao avant l'entrée en pleine vigueur, fin d'année, du règlement européen sur la déforestation, qui exigera de prouver que les fèves ne proviennent pas de terres récemment déboisées. Des sources du secteur avertissent qu'une récolte principale tardive pourrait engorger les ports d'Abidjan et de San Pedro en novembre et décembre, les expéditions s'accumulant avant l'échéance.
« Avec ce retard qui se profile, nous allons nous retrouver à devoir exporter des quantités énormes en peu de temps en décembre », a déclaré un responsable d'une maison d'exportation à Abidjan. Pour les chocolatiers et les pâtisseries qui paient déjà des prix proches des records pour le beurre et la pâte de cacao, un goulot d'étranglement dans les ports d'Afrique de l'Ouest serait un coût de plus à répercuter avant les fêtes.


