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Exploitation dans les Langhe : Alba défile pour les vendangeurs

L’évêque d’Alba a marché avec les syndicats et la Caritas après des vendanges où les bénévoles ont recensé 16 campements et où l’inspection a relevé des infractions dans près de huit entreprises sur dix.

Vignes du Barolo aux couleurs d’automne sous une colline boisée et un village des Langhe
Photographie · Giorgio Galeotti / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Des centaines de personnes ont défilé à Alba le samedi 24 octobre pour protester contre l’exploitation dans les Langhe, où des intermédiaires illégaux, un système appelé caporalato en Italie, recrutent la main-d’œuvre des vignes. L’évêque d’Alba, Marco Brunetti, a déclaré aux manifestants que « l’ouvrier agricole passe avant la bouteille de vin ».

La marche était organisée par la Caritas diocésaine avec les syndicats CGIL, CISL et UIL, l’association antimafia Libera et Arci Cinema Vekkio, selon l’hebdomadaire local La Guida, qui a compté plus d’un millier de participants. Le cortège est parti du centre d’accueil de la Caritas, via Pola, et s’est achevé par des prises de parole sur la piazza San Paolo.

« Le caporalato qui exploite n’est pas seulement un délit, c’est une offense à Dieu et à l’homme », a affirmé Brunetti, selon La Guida. Il a ajouté que le logement « n’est pas un luxe » mais fait partie de la dignité du travail, et a réclamé des politiques durables plutôt que des mesures d’urgence.

La personne passe avant le profit, l’ouvrier agricole avant la bouteille de vin.

Ce qu’a constaté le rapport de la Caritas

La manifestation fait suite à L’altra vendemmia (L’autre vendange), un rapport publié par le diocèse d’Alba le 12 octobre. Selon la Caritas, plus de 6 000 personnes ont travaillé cette année aux vendanges dans les Langhe et le Roero, dont environ 3 000 saisonniers. Ses bénévoles ont recensé 16 campements et abris de fortune, un record, et des lits dans des logements surpeuplés loués entre 200 et 300 euros par mois.

Le rapport énumère travail non déclaré, fiches de paie qui ne correspondent pas aux heures travaillées, salaires inférieurs aux minima conventionnels, salaires impayés et aucun jour de repos. Le diocèse estime que les personnes rencontrées par la Caritas représentent moins de 5 % de celles qui travaillent dans les rangs de vigne.

Les chiffres de l’inspection du travail cités par la CGIL vont dans le même sens, rapporte La Guida : sur 67 exploitations agricoles et prestataires contrôlés dans la province de Cuneo pendant les vendanges, un peu moins de 80 % étaient en infraction, avec 31 travailleurs non déclarés et 100 manquements en matière de santé et de sécurité.

L’exploitation dans les Langhe et la filière du vin

Matteo Ascheri, vigneron et ancien président du consortium qui protège le barolo et le barbaresco, a rejeté l’idée que les domaines seraient les « premières victimes » du caporalato, une expression employée par Coldiretti Cuneo, selon Cuneodice. « Le problème est systémique », a-t-il dit, en proposant que les producteurs qui commettent certaines infractions perdent le droit d’utiliser la marque collective des vins.

En juillet, la préfecture de Cuneo a renouvelé un protocole contre le caporalato, signé notamment par les consortiums du Barolo et du Roero, les organisations agricoles et les syndicats, qui crée un registre volontaire des prestataires de main-d’œuvre et un label éthique pour les domaines qui passent par eux. Les organisateurs de la marche demandent l’embauche directe, des agences pour l’emploi renforcées, une coordination publique du logement et des transports, et davantage d’inspecteurs.

La marche tombe en pleine saison d’automne à Alba, alors que le prix de la truffe blanche grimpe avec la sécheresse et que les visiteurs remplissent la ville.

Sources

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