Meilleur Ouvrier de France 2026 : 13 cuisiniers titrés à Lille
Quarante-deux finalistes avaient cinq heures pour un rouget, un col-vert et une poire farcie au Roquefort. Le jury d'Alain Ducasse en a retenu treize, dont deux femmes. Plus de 400 s'étaient inscrits.

Treize cuisiniers ont obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France 2026 dans la classe cuisine jeudi 8 octobre, à l'issue d'une finale au Lycée Hôtelier International de Lille qui a placé 42 candidats devant 39 jurés. Plus de 400 s'étaient inscrits, selon le titre professionnel Au cœur du CHR.
La 28e session du concours, un diplôme d'État dont les titulaires portent un col bleu, blanc et rouge, était la première où le comité d'organisation réunissait en un même lieu les finales des cuisiniers, des sommeliers, des maîtres d'hôtel et des barmans, du 5 au 8 octobre. Les quatre classes ont donné 18 titres : treize cuisiniers, deux sommeliers, deux maîtres d'hôtel et un barman.
Ce que demandait la finale du Meilleur Ouvrier de France 2026
Cinq heures, trois plats, deux commis : le col se joue sur un canard rôti saignant.
Les sujets ont été tirés au sort le 18 septembre. Chaque candidat disposait de cinq heures et de deux commis pour réaliser trois plats : six filets de rougets barbets aux raisins blancs avec une compotée de tomate, orange et anis ; trois coffres de canard col-vert rôtis saignants, sauce cassis, et les six cuisses cuisinées à la bière et aux endives ; six poires farcies d'une mousse de fromage frais de brebis et de Roquefort, avec une sauce ou un sirop au porto et un sorbet de peau de poire.
Alain Ducasse préside la classe depuis 2006 ; ses vice-présidents sont Antoine Laborde, Jacques Maximin et Michel Roth. Le jury a reçu 13 candidats sur 42, un peu moins d'un tiers. Lors de la session précédente, en 2022, il en avait reçu huit sur 30.
Les treize lauréats et leurs cuisines
Par ordre alphabétique : Noël Bérard (La Bastide, Capelongue, Bonnieux); David Charrier (Les Belles Perdrix, Château Troplong Mondot, Saint-Émilion); Alexis Decoret (Maison Decoret, Vichy); Matthieu Derible (Le Art, Château de la Gaude, Aix-en-Provence); Marie Gricourt (Gric, Orléans); Rudy Langlais (La Scène Thélème, Paris); Paul Marcon (Maisons Marcon, Saint-Bonnet-le-Froid); Margaux Moisière (L'O des Vignes, Fuissé); Ludovic Nardozza (Asterales, Corrençon-en-Vercors); Loïc Renand (Auberge du Père Bise, Talloires); Yoshitaka Takayanagi (Granite, Paris); Kévin Vaubourg (Le Chalet du Sire, La Féclaz) et Samuel Victori (Les Agitateurs, Nice). Au cœur du CHR rattache Renand à Beyond Places et non à la maison de Talloires.
Deux sont des femmes, Gricourt et Moisière, ce qui porte à quatre le nombre de femmes titrées dans toute l'histoire de la classe cuisine, selon Les Nouvelles Gastronomiques. Decoret reçoit le col trente ans après son père Jacques, lauréat en 1996. Marcon l'ajoute au Bocuse d'Or remporté en 2025 ; AMUSE a raconté le dîner du centenaire de Paul Bocuse, qui a réuni 350 convives dans un temple romain à Vienne. Takayanagi était finaliste en 2022 et s'est représenté. Vaubourg a reçu en septembre le Prix Tremplin des Trophées Le Chef.
Onze des treize cuisinent hors de Paris, d'un chalet du massif des Bauges à un château viticole de Saint-Émilion. Rapporté aux plus de 400 inscrits, le taux de réussite du Meilleur Ouvrier de France 2026 avoisine 3 %.


