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Centenaire de Paul Bocuse : 350 convives au temple romain

Patrick Henriroux et Philippe Girardon ont mené 30 chefs et 60 élèves pour un déjeuner à 95 euros complet en deux jours, dans la ville où Bocuse a appris auprès de Fernand Point.

Colonnes corinthiennes et fronton de pierre du temple romain d'Auguste et de Livie à Vienne
Photographie · Photo: Jsamwrites · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0

Le centenaire de Paul Bocuse est passé par Vienne le 24 septembre : une trentaine de chefs, cuisiniers et maîtres d'hôtel ont servi un déjeuner à 350 convives autour du temple romain d'Auguste et de Livie. L'événement, baptisé Le Temple des Chefs, était mené par Patrick Henriroux, de La Pyramide (deux étoiles), et Philippe Girardon, du Domaine de Clairefontaine (une étoile).

Le couvert coûtait 95 euros et tout est parti en 48 heures, selon France 3 ; le site local Vivre Villes a compté une liste d'attente d'environ 700 personnes. L'organisation revenait à l'Agora des Chefs, un collectif fondé en 2012 par Henriroux, Girardon et trois autres chefs du territoire, associé à la Maison Bocuse, d'après Magazine Exquis.

Bocuse est né en 1926 et mort en 2018. Pour la ville qui l'a rendu célèbre, un peu plus haut sur le Rhône, notre guide que manger à Lyon passe en revue les bouchons et les marchés.

Avant de devenir un monument, Bocuse a été apprenti à Vienne.

Comment s'est cuisiné le déjeuner du centenaire de Paul Bocuse

Le menu est resté secret jusqu'à ce que les convives s'installent. France 3 a relevé une entrée de tomate à l'émulsion de Condrieu, un omble chevalier, du bœuf, un lièvre à la royale sauce Côte-Rôtie, un chèvre frais à la gelée de Chartreuse et un dessert au chocolat. Les vins sont restés locaux : Condrieu, Côte-Rôtie, Seyssuel et un Saint-Péray effervescent à l'apéritif.

Une soixantaine d'élèves des écoles hôtelières et de sommellerie de Vienne, Voiron et Tain-l'Hermitage ont assuré le service en salle et celui du vin, a rapporté Mesinfos. C'était le sens de la journée autant que l'assiette. « Dans la vie, on n'est que des transmetteurs », a dit Henriroux à France 3.

Pourquoi Vienne et pas Lyon

Le choix de la ville n'avait rien de sentimental. Bocuse a fait son apprentissage à La Pyramide dans les années 1950 auprès de Fernand Point, qui avait repris le restaurant familial en 1925 et décroché trois étoiles Michelin en 1933, dans la première promotion du guide. Après la mort de Point en 1955, sa veuve Mado a gardé les trois étoiles jusqu'à sa disparition en 1986. Henriroux est arrivé en 1989 et avait retrouvé deux étoiles dès 1992.

Lyon a ses propres projets pour l'anniversaire. En juin, l'ancien chef de l'Élysée Guillaume Gomez a annoncé qu'il demanderait au président Emmanuel Macron d'envisager Bocuse pour le Panthéon, une démarche qu'il estime à deux ou trois ans. L'argument de Vienne était plus simple et moins cher : avant le monument, il y a eu l'apprenti.

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