Le Budget britannique allège les taxes locales, pas la TVA
Un seuil d'exonération relevé libère 70 000 entreprises de la taxe locale, mais la TVA et les cotisations restent inchangées, divisant les réactions du secteur.

Le Budget d'automne 2026 du Royaume-Uni a relevé le seuil d'exonération de la taxe locale pour l'hôtellerie-restauration de 12 000 à 18 000 livres, dispensant environ 70 000 entreprises de la payer, mais a laissé inchangées la TVA et les cotisations sociales malgré le lobbying du secteur.
Le paquet, présenté le 28 octobre, a aussi relevé le salaire minimum national de 3,9 % et l'a étendu aux travailleurs de 18 à 20 ans. UKHospitality affirme que ce changement signifie que les factures des commerces, de l'hôtellerie-restauration et des loisirs en Angleterre seront gelées en termes réels, réduites ou ramenées à zéro pendant deux ans à partir d'avril.
Une pétition réunissant plus de 400 000 signatures demandait de ramener la TVA sur l'hôtellerie-restauration à 10 %, un volet de la campagne en quatre points d'UKHospitality avant le Budget. Elle n'a pas bougé. Le gouvernement n'a pas non plus annoncé de changement sur les cotisations sociales patronales, que les exploitants citent comme une pression sur les coûts depuis la hausse de l'an dernier.
Un allègement pour les petits exploitants, aucune réponse aux plus grosses factures du secteur.
Un rare motif de satisfaction, avec une grande réserve
Allen Simpson, directeur général d'UKHospitality, a qualifié ce Budget de premier depuis des années à apporter « une quelconque bonne nouvelle » au secteur, tout en rappelant que l'hôtellerie-restauration paie toujours 82 pence de taxes professionnelles pour chaque livre gagnée, et a réitéré l'appel à une baisse de la TVA. Andy Lennox, propriétaire de Fired Up Collective, a lu la même mesure différemment, affirmant que l'exonération de taxe locale ne touche que 2,9 % des établissements et qualifiant le Budget de « désastre » pour le secteur.
Markus Thesleff, fondateur de Thesleff Group, a déclaré que le seuil relevé n'aide en rien les grands exploitants, dont les coûts ont « presque doublé en cinq ans ». Tommy Banks, chef-patron de Tommy Banks Group, a qualifié le Budget d'« incroyablement frustrant » et a averti que l'allègement ne correspondait pas à l'ampleur du problème, alors même que les faillites dans l'hôtellerie-restauration britannique ont récemment reculé.
Ce que le Budget a laissé de côté
Dom Jacobs, fondateur d'Ardent Pub Group, a salué l'exonération de taxe locale pour les exploitants éligibles mais a dit qu'elle n'aide pas les pubs aux équipes nombreuses, réclamant à la place une baisse de la TVA, un gel de l'accise sur la bière et des prêts énergétiques sans intérêt. Une « taxe de séjour » distincte, visant les visiteurs qui passent la nuit, a été mentionnée sans détail sur son fonctionnement ; Jon Hendry Pickup, directeur général de Butlin's, en a questionné l'utilité et averti qu'elle pourrait décourager les visiteurs britanniques.
Le British Institute of Innkeeping évalue à un pub sur quatre la rentabilité en 2026 et estime que la hausse du salaire minimum ajoutera environ 1 000 livres par employé à temps plein à partir d'avril 2027. Reste à savoir si l'allègement de taxe locale compense cette facture, pour les entreprises qu'il atteint réellement : le secteur y répondra au cours de l'année à venir.


