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Cerises chiliennes : la pluie menace une récolte record

L'USDA prévoit que le Chili récolte 727 000 tonnes de cerises cette saison, mais un El Niño fort apporte pluie et vent dans le centre du pays au moment même de la floraison.

Rangées de cerisiers en pleine floraison blanche dans un verger commercial au printemps
Photographie · Thomas P / Pexels · Pexels License

Les cerises chiliennes se dirigent vers ce que le département américain de l'Agriculture (USDA) annonce comme une récolte record en 2026/27, mais les pluies de printemps liées à un El Niño fort menacent désormais la floraison dont dépend cette récolte. Les agroclimatologues de l'université de Talca préviennent que des semaines humides et venteuses suivies de chaleur peuvent faire tomber les fleurs et fendre les fruits avant la cueillette.

Les chiffres sont considérables. Dans son rapport de septembre sur le marché mondial de la cerise, publié le 24 septembre, le Foreign Agricultural Service de l'USDA estime la production chilienne à 727 000 tonnes, contre 631 000 la saison dernière et au-dessus du précédent sommet de 684 000 tonnes en 2023/24. Les exportations progresseraient de 80 000 tonnes, à 650 000 tonnes, et l'essentiel des fruits supplémentaires partirait vers la Chine, dont les importations devraient augmenter de 12 %, à 560 000 tonnes.

Les comptes de la filière vont dans le même sens. Frutas de Chile, l'association des producteurs et exportateurs, a présenté le 2 septembre, lors d'un atelier consacré à la cerise en Chine, une estimation préliminaire allant jusqu'à 132 millions de caisses de cinq kilos, qu'elle révisera à la mi-octobre.

Un record écrit en septembre doit encore survivre à octobre.

La pluie de printemps frappe les cerises chiliennes en fleur

Le printemps austral a commencé le 22 septembre, et les premiers fronts sont arrivés avec lui. Patricio González Colville, enseignant-chercheur au Centre de recherche et de transfert en irrigation et agroclimatologie (CITRA) de l'université, a expliqué que la pluie accompagnée de vent peut endommager la floraison, la faire tomber et altérer la physiologie et la qualité des fruits. Pour la région du Maule, l'une des principales zones de production de cerises du pays, les prévisions annonçaient 20 à 25 millimètres apportés par une rivière atmosphérique chaude, avec l'isotherme zéro au-dessus de 2 500 mètres.

La cerise est la plus exposée. Quand des épisodes humides alternent avec des journées chaudes en octobre et novembre, le fruit absorbe de l'eau et éclate, et une cerise éclatée ne respecte plus les normes de qualité des marchés d'exportation. Dans les vergers de pommiers et les vignes, la même combinaison favorise des maladies fongiques comme le botrytis et la tavelure, ce qui signifie davantage de traitements et des coûts plus élevés. González a classé El Niño dans la catégorie « fort » et a invité les producteurs à suivre les prévisions semaine après semaine.

Une récolte record sur un marché encombré

La météo n'est pas la seule inconnue. Le Chili dépend encore fortement d'un seul acheteur : la Chine et Hong Kong ont absorbé 87 % de ses exportations de cerises en 2025, la part la plus faible depuis environ huit ans, selon Frutas de Chile, tandis que les envois vers d'autres marchés ont progressé de 27 %, à 74 535 tonnes.

L'USDA prévoit en outre des récoltes record cette saison dans trois des quatre plus grands pays producteurs, la Chine, la Turquie et le Chili, ce qui porterait la production mondiale en hausse de 17 %, à environ 5,4 millions de tonnes. Avec plus de fruits partout, il reste moins de place pour les caisses qui arrivent fendues ou molles après une longue traversée en bateau. Le même El Niño a déjà contraint le Pérou à réduire de nouveau ses prévisions d'exportation de myrtilles cette saison.

La révision d'octobre de Frutas de Chile sera la première estimation réalisée en connaissant le sort de la floraison. D'ici là, le record n'existe que sur le papier.

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