L'Éthiopie transforme le parche du café en cellulose
Une équipe de l'université des sciences et technologies d'Addis-Abeba obtient près de 92 % de cellulose pure à partir de la pellicule souvent brûlée.

Des chercheurs de l'université des sciences et technologies d'Addis-Abeba ont trouvé un moyen de transformer le parche du café, une pellicule souvent brûlée ou jetée, en cellulose quasi pure.
Le parche est la fine couche qui protège le grain vert pendant le traitement. Les stations de lavage la retirent et la jettent ou la brûlent la plupart du temps comme combustible, alors qu'elle est naturellement riche en cellulose.
La méthode de l'équipe traite le parche avec une solution alcaline, puis le soumet à des ultrasons de haute intensité. Les ultrasons provoquent une cavitation, de minuscules bulles qui s'effondrent et érodent le matériau, laissant la solution alcaline pénétrer plus profondément et séparer la cellulose de la lignine qui la protège normalement. Une seconde étape de blanchiment, en deux temps, retire la lignine restante.
Une cellulose quasi pure tirée d'une pellicule qui ne servait qu'à brûler
Une cellulose plus propre que l'ancienne méthode
Les résultats dépassent le procédé classique sur les deux mesures qui comptent. La pureté a atteint près de 92 % de cellulose, contre 83,3 % pour la méthode traditionnelle. L'élimination de la lignine a atteint 93 %, contre 72,5 % pour l'ancienne méthode.
Une cellulose plus propre ouvre plus d'usages. Les chercheurs citent le papier et le carton, les bioplastiques et les tissus naturels, ainsi que des ingrédients pour l'alimentaire, la cosmétique et la pharmacie. Le matériau s'est aussi mieux comporté dans les tests de films, revêtements et matériaux composites uniformes, le type de résultat fin et régulier dont ont besoin l'emballage et le textile.
Un sous-produit qui pose un problème de volume
Le parche a toujours été le déchet discret du café : trop abondant pour le compost, trop peu valorisable pour être transporté ailleurs. Le transformer en matière première exportable changerait l'économie des stations qui paient aujourd'hui pour s'en débarrasser ou le laissent simplement se consumer.
Les auteurs ne cachent pas la limite. Le procédé aux ultrasons et aux produits chimiques demande une consommation notable d'énergie et de réactifs, ce qui pourrait limiter sa montée en échelle au-delà du laboratoire. Reste à savoir si une station de la ceinture caféière éthiopienne pourrait l'exploiter de façon rentable, une question encore sans réponse.
L'étude paraît alors que des torréfacteurs ailleurs poussent leurs propres idées sur les sous-produits, dont le nouveau café Blue Bottle à Bangkok construit sous une lanterne sculptée.


