La Champagne Week débute à Paris après des vendanges record
Les vignerons qualifient 2026 de vendange de Champagne la plus précoce et la plus saine depuis des décennies. Paris l'a célébrée avec une nouvelle semaine de dégustations, d'accords et de visites de caves.

Paris a organisé sa première Champagne Week, sept jours de dégustations et d'accords mets-vins dans toute la ville, au moment où les vignerons qualifient la vendange 2026 de plus saine depuis des décennies.
L'événement s'est déroulé du 19 au 25 octobre, porté par les vignerons et les maisons de Champagne, et non par une seule marque. Restaurants, bars, caves et hôtels parisiens ont accueilli dégustations, ateliers et accords mets-vins thématiques. Le programme a intégré la Journée du Champagne, le 23 octobre, célébration internationale lancée en 2009.
Les organisateurs ont présenté cette semaine comme un moyen de montrer l'appellation au-delà des coupes du réveillon. La liste des adresses figurait sur le site de l'événement ; aucune maison n'était désignée comme hôte exclusif.
Un millesime déclaré historique avant même qu'une seule bouteille n'ait eu le temps de vieillir.
Les vendanges derrière la Champagne Week
Le calendrier a suivi un millesime dont les producteurs parlent depuis août. Chez Drappier, à Urville, le vigneron Hugo Drappier a indiqué que la cueillette avait commencé le 19 août, le démarrage le plus précoce de l'histoire de la maison, devançant même le millesime caniculaire de 2003. Il a jugé le raisin le plus sain depuis 1976, avec des conditions comparables seulement à deux reprises au XXe siècle, en 1947 et en 1976.
Quatre gelées printanières ont réduit les bourgeons fertiles dans toute la région ; un été chaud et sec a suivi, concentrant ce qui restait sur la vigne. La préfecture a fixé le début officiel au 12 août, et des communes comme Montgueux ont récolté le chardonnay dès le 6 — selon la presse spécialisée, le démarrage le plus précoce jamais enregistré en Champagne.
Plus de qualité, moins de volume
La même sécheresse qui a concentré le raisin l'a aussi fait rétrécir : le rendement régional est resté modéré malgré la hausse des sucres et de la santé du fruit — un contraste avec ce qu'AMUSE rapportait en octobre, quand le volume total des vendanges a chuté de 48 % après le gel et la sécheresse.
Les autorités sont intervenues pour gérer le déficit : un décret du 7 août a plafonné à 15 % les achats de raisins, moûts et vins pour la production de Champagne en 2026, un plafond légal, non une prévision d'achat réel.
La demande à l'export a tenu bon malgré tout. Les expéditions mondiales de Champagne ont progressé de 1,2 % au premier semestre 2026, à 107,1 millions de bouteilles, selon le Comité Champagne — qui juge néanmoins l'environnement de marché toujours incertain.
Aucun raisin de cette année n'atteindra une coupe avant des années ; le vieillissement minimal du Champagne y veille. Les vignerons parlent déjà de 2026 comme d'un millesime qui mérite l'attente. Si Paris reconduit la Champagne Week, cela dépendra d'une fréquentation encore non dévoilée.


